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Pompe de relevage : copropriété, qui décide, qui paie, qui entretient

Pompe de relevage en copropriété : qui décide en AG, qui paie, qui entretient. Majorités, charges et rôle du syndic, avec ce que les sources ne tranchent pas.

Portrait de Nicolas Ferrand Nicolas Ferrand · ·8 min de lecture
Pompe de relevage : copropriété, qui décide, qui paie, qui entretient
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8 min
Rubrique
Installer & entretenir
Mis à jour
3 nov. 2026

Dans une copropriété, une pompe de relevage n’a pas de réponse universelle : qui décide, qui paie et qui entretient dépendent d’abord du règlement de copropriété. Ce que les textes permettent d’établir, c’est la logique : l’assemblée générale vote selon des majorités précises, les charges se répartissent selon des critères fixés par la loi du 10 juillet 1965, et le syndic reste l’interlocuteur. Ce guide pose ces repères, sans prétendre trancher à la place de votre règlement.

Il s’adresse aux syndics, aux conseils syndicaux et aux copropriétaires qui voient arriver une panne ou un devis. Il informe : il ne remplace ni la lecture de votre règlement de copropriété, ni l’avis de votre syndic. Sur chaque point qui dépend de votre situation, on le dit.

Une pompe de relevage de copropriété : partie commune ou privative ?

Aucun texte général ne dit dans quelle catégorie tombe une pompe de relevage. La réponse vient du règlement de copropriété, qui fixe la répartition des charges et la méthode de calcul. Une pompe qui dessert un seul lot et une pompe qui dessert tout un sous-sol ne se traitent pas forcément de la même façon : c’est pourquoi la première chose à faire est de relire ce document, ou de le demander au syndic.

Qui décide : la logique des majorités

Deux articles de la loi du 10 juillet 1965 reviennent presque toujours dans la discussion sur les travaux. Ils ne se valent pas : l’un demande une majorité des seules voix exprimées, l’autre une majorité de tous les copropriétaires.

Art. 24 majorité des voix exprimées des présents, représentés ou votant par correspondance, abstentions non comptées

Art. 25 majorité de tous les copropriétaires

1/3 des voix seuil à partir duquel un second vote à la majorité de l’article 24 est possible sur un sujet de l’article 25

10 juillet 1965 date de la loi qui régit la copropriété

L’article 24 vise notamment les travaux nécessaires à la conservation de l’immeuble, à la santé et à la sécurité de ses occupants, réseaux compris. L’article 25 vise les travaux de transformation, d’amélioration, ou la création ou l’ajout d’un élément d’équipement. D’après la page de service-public sur les majorités, vérifiée en mai 2026, si au moins un tiers des voix est réuni sans atteindre la majorité requise, un second vote peut être organisé selon l’article 24.

Appliqué à une pompe, cela donne une lecture prudente : remplacer une pompe défaillante pour préserver l’immeuble relève plausiblement des travaux de conservation, tandis qu’ajouter un équipement neuf relève de l’amélioration. C’est au syndic de le confirmer, car chaque situation a ses conditions et ses exceptions.

Les limites sont nettes. La page de service-public ne mentionne pas les contrats de maintenance : on ne peut donc pas écrire ici quelle majorité s’applique à un contrat d’entretien de pompe.

Qui paie : charges générales, charges spéciales, règlement

Trois logiques coexistent. Les deux premières viennent de la loi, la troisième du règlement qui les met en œuvre.

Charges générales Conservation, entretien et administration des parties communes, réparties selon la valeur relative des lots. Tous les copropriétaires y participent.

Charges spéciales Services collectifs et équipements communs, répartis selon l’utilité objective pour chaque lot. Un lot qui ne peut pas utiliser l’équipement ne paie pas.

Règlement de copropriété Il fixe la répartition des charges et la méthode de calcul. C’est lui qui tranche, pas une règle universelle.

La notion d’utilité objective mérite d’être bien comprise. Selon l’ANIL, l’utilité correspond à la possibilité d’usage, pas à l’usage effectif : un lot n’échappe pas à une charge parce qu’il ne se sert pas de l’équipement, mais parce qu’il ne peut pas s’en servir.

Service-public donne un exemple : le chauffage, l’eau chaude, le refroidissement et les antennes TV ne peuvent pas être affectés aux lots de parking en sous-sol. L’exemple illustre le principe, il ne dit rien de la pompe de relevage elle-même. Dire qu’un lot de parking ne paie pas la pompe serait donc aller trop loin.

Changer la répartition fixée par le règlement exige en principe l’unanimité, sauf si des travaux votés à la majorité légale la rendent nécessaire. Là encore, ces conditions comptent : c’est une règle de principe, pas une garantie.

Qui entretient : le syndic, sur décision de l’assemblée

Le syndicat des copropriétaires assure la conservation de l’immeuble et fait réaliser les entretiens et réparations nécessaires. L’assemblée générale vote la conclusion des contrats nécessaires, par exemple un contrat de maintenance des équipements communs. L’entretien courant recouvre le nettoyage, l’entretien des équipements et les petites réparations.

Côté technique, les bonnes pratiques de pose, relayées par le dossier de la FFB sur les postes de relevage, citent une vérification régulière. La fréquence n’est pas reprise ici. Les gestes concrets sont détaillés dans l’entretien d’une pompe de relevage.

Une ou deux pompes dans un immeuble

Pour un poste de relevage collectif, certains fabricants proposent des stations à deux pompes. Selon la présentation de Grundfos, la Multilift MD embarque deux pompes et un volume de 120 L, pour des petits immeubles. Selon Wilo, la DrainLift XXL est une station à double pompe qui fonctionne en alternance, l’une prenant le relais en secours. Ces éléments viennent des documentations des fabricants et leur sont attribués.

L’intérêt d’une station à deux pompes se comprend bien dans un immeuble : si l’une tombe en panne, l’autre assure le service. Passer d’une pompe à deux revient toutefois à ajouter un équipement, ce qui renvoie à la question des majorités vue plus haut. Pour le cas particulier d’un sous-sol de stationnement, voir la pompe de relevage en parking souterrain.

De la panne à la décision : les étapes générales

  1. Constat La panne ou l’anomalie est repérée dans l’immeuble.
  2. Signalement au syndic Il est le premier interlocuteur.
  3. Devis Un professionnel du relevage partenaire peut chiffrer l’intervention.
  4. Ordre du jour Le sujet est inscrit à l’ordre du jour de l’assemblée.
  5. Vote La majorité applicable dépend de la nature des travaux.
  6. Intervention Les travaux ou la réparation sont réalisés.

Étapes de procédure générales, sans délai : leur durée dépend de chaque copropriété.

Que faire en cas de panne dans l’immeuble

Prévenir le syndic, d’abord. Il centralise le signalement et organise la suite. Pour reconnaître les signes d’une défaillance et les premiers réflexes, la page pompe de relevage en panne détaille les situations. Pour savoir si un professionnel du relevage partenaire intervient près de chez vous, consultez la zone d’intervention, ou écrivez-nous via le formulaire de contact.

Ce qui reste à vérifier chez vous

Voici où s’arrête cet article :

Questions fréquentes

Un copropriétaire peut-il changer la pompe seul ?

Aucune règle générale ne répond à cette question. Pour une pompe située dans une partie commune, voyez le règlement de copropriété et le syndic avant toute intervention.

La facture d’un seul lot est-elle possible ?

Pour les charges spéciales, la loi retient l’utilité objective : un lot qui ne peut pas utiliser l’équipement ne paie pas. Ce qu’il en est pour une pompe précise dépend du règlement de copropriété, qui fixe la répartition.

Qui vote le remplacement d’une pompe défaillante ?

L’assemblée générale. Remplacer une pompe pour préserver l’immeuble relève plausiblement des travaux de conservation (article 24), ajouter un équipement neuf de l’amélioration (article 25). Au syndic de le confirmer.

Qui prévenir en premier en cas de panne ?

Le syndic, qui assure la conservation de l’immeuble et fait réaliser les réparations nécessaires.

Sources

Service-public, charges de copropriété — charges générales, charges spéciales et utilité objective.

Service-public, majorités en assemblée générale — articles 24 et 25.

ANIL, les charges de copropriété — l’utilité comme possibilité d’usage.

Portrait de Nicolas Ferrand

Nicolas Ferrand

Rédaction, pompe-de-relevage.net

Rédacteur, Nicolas explique le fonctionnement, le choix et l’entretien des pompes de relevage, en s’appuyant sur les notices des fabricants et les textes officiels.